Une société spécialisée dans l’élevage d’animaux à intérêt commercial, le groupe français Grimaud, envisagerait de produire des post-larves (vraisemblablement de crevettes), en Polynésie française. Par ailleurs, le groupe chinois TNOF envisage de faire de Hao une base “de classe mondiale”. Les associations restent vigilantes. 

Le groupe Grimaud envisage d'élever des post-larves dans un environnement sain et exempt de toute maladie, puis de les exporter vers des pays de production, selon un communiqué du gouvernement. 

- Projet aquacole en perspective avec le groupe Grimaud (Tahiti News)

- Aquaculture : le groupe Grimaud veut s'implanter en Polynésie (TNTV)

Une perspective que semble vouloir appuyer le ministre de l'Économie bleue, Teva Rohfritsch, pour qui « notre éloignement des principaux producteurs de crevettes dans le monde est un atout réel et nous protège des principales maladies des crustacés ».

Le centre aquacole de Hao, bien qu'adoubé par les autorités du Pays n’est cependant pas, quant à lui, sans poser des questions aux associations de protection de l’environnement. 

Des questions restent en suspens concernant le nourrissage, la concentration des poissons, les produits sanitaires qui seront utilisés, etc… les lieux où seront installés les casiers d'élevage, etc... 

« Tous ces déchets, cette quantité énorme de poissons, ça m’inquiète » a renchéri Yves Doudoute, membre fondateur de l’association Haururu, invité d'un Journal TV.

- Yves Doudoute : « nous sommes toujours méfiants au niveau de l’environnement. » (Polynésie 1ère)

Le représentant local de l’organisation Sea Shepherd Tahiti, invité d'un autre Journal TV, a rappelé l’urgence de se soucier de la santé des eaux qui entourent la Polynésie. Il s’interroge quant à lui sur le caractère potentiellement néfaste de ce type d’installation.

- Vidéo - Vincent Rivage : « Sur ce qui se passe à Hao : posez-vous des questions ! » (TNTV)

Certes, des représentants de l’Université de l’Océan de Shanghai ont été invités à la cérémonie relative au lancement de la construction de la base de vie et de certaines parties de l’écloserie.

- L’Université de l’Océan de Shanghai impliquée dans le projet aquacole à Hao (Tahiti News)

Certes, le président de la société chinoise TNOF, à l’origine du projet de ferme aquacole, a promis  de « faire de la ferme aquacole de Hao une base d’élevage de produits de la mer de classe mondiale »

- Wang Cheng veut faire "faire de Hao une base d'élevage de classe mondiale" (La Dépêche)

Pour rappel, en aquaculture responsable bio, on n’utilise aucun produit chimique ni médicament. Par conséquent, l’eau n’est pas polluée et l’environnement est bien respecté. Sera-ce le cas ?

On rappellera que les maladies se propagent rapidement dans un bassin d’élevage de poissons. Pour combattre ces maladies, de nombreux éleveurs ajoutent des antibiotiques et d’autres produits douteux en grande quantité pour faire survivre leurs poissons dans un environnement malsain. Ces antibiotiques sont ensuite ingérés par le consommateur non averti. Par ailleurs, lorsque un poisson s’échappe du bassin et s’enfuit dans la nature, il peut aussi affecter ses congénères sauvages. 

Par ailleurs le site est-il vraiment adapté ?

Un lecteur attentif de AvA-Infos a par ailleurs rappelé une étude commanditée par le gouvernement de Polynésie, en 2000, sur la faisabilité d'un élevage de thon à Hao. Celui-ci avait prouvé que le lagon était en train de se refermer et de mourir de sa belle mort (plus d'hydrologie dans le lagon, sables contenant de l'hydrogène sulfureux au fond du lagon et algues cyanobactéries présentent autour de la passe nord). Ce rapport précise que « le milieu est donc plus que sensible et totalement incapable de supporter une activité aquacole pérenne (même la ferme perlière qui y existait n'arrivait pas à s'en sortir compte tenu de la mauvaise qualité des eaux. » Lire le Pdf ci-joint

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